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[Test] Samsung Smart Monitor M7 32″ – Un écran combiné à une télé ?

image en avant Samsung M7

Un téléviseur connecté on connait, mais un écran connecté ? C’est ce que nous propose Samsung avec ce Smart Monitor M7 32″, un écran 4K de 32 pouces trouvable à moins de 300€ à l’heure où on écrit cet article. Nous a-t-il convaincu ? C’est ce que vous allez voir !

CARACTÉRISTIQUES ET DESIGN

  • 3840×2160 (UHD)
  • Dalle VA
  • 32″ 16:9
  • 60 Hz
  • Système d’exploitation Tizen OS

Le modèle que nous avons testé est le M7 S32AM700UR. Au niveau de la connectique on retrouve deux ports HDMI et un port USB-C. On regrette l’absence de port DisplayPort, qui aurait permis de couvrir 99% des besoins et qui est devenu un standard sur ordinateur. Cela montre la volonté de Samsung de faire de cet écran un écran seul plutôt qu’un moniteur d’ordinateur. Le port USB-C est un gros plus celon nous : Il est possible à partir de celui-ci de brancher un ordinateur portable, et ainsi de le recharger tout en se servant de l’écran déporté, et ce avec un seul câble. Il faudra pour cela avoir un ordinateur portable compatible.
L’écran intègre deux hauts parleurs qui peuvent servir d’appoint. Nous vous déconseillons leur usage au quotidien, pour regarder un film par exemple. Deux hauts parleurs déportés, fourniront un son de meilleure qualité.

D’un point de vue purement design, l’écran inspire confiance. L’armature en plastique semble de qualité et ne craque pas lorsqu’on le manipule. Le logo Samsung grvé sur une pièce en aluminium donne un petit côté « haut de gamme » à cet écran.

Vue de face
Vue de dos de l'écran

ERGONOMIE et qualité de fabrication

L’ergonomie se veut très sommaire, il est seulement possible d’incliner un peu la dalle vers l’arrière. Pas de réglage de la hauteur ni de rotation en mode portrait disponible. A la place, on a droit à un pied petit et discret. Même si on regrette un peu les mouvements limités qu’offre ce pied, son design nous plait bien.
L’armature de l’écran est en plastique, qui semble de bonne facture. Le logo Samsung en bas de l’écran est gravé dans de l’aluminium brossé.

Sur l’écran, aucun bouton physique, à part celui pour allumer et éteindre. Toutes les commandes du moniteur se trouvent sur la télécommande.

La télécommande est ergonomique. La forme arrondie est censée rendre la maitrise plus agréable. Des boutons d’accès rapide sont présents, une partie en alliage permet également de changer le volume ainsi que les chaines à la manière d’un joystick.

La télécommande n’est pas infrarouge mais 2.4 GHz, ce qui offre un meilleur confort d’utilisation.

Le menu OSD est accessible à partir de la télécommande. Une première pression sur le bouton d’accueil ouvre le bandeau d’accès rapide. A partir de celui-ci il est possible de sélectionner la source, lancer une application (comme Netflix par exemple) ou d’entrer dans les paramètres. Certains paramètres sont déjà accessibles depuis ce menu.

Le menu est très, voir trop complet. Nous nous sommes perdus à plusieurs reprises dans les menus, à ne plus savoir où se trouvait tel ou tel réglage. Certains réglages paraissent en double (comme la détection de la luminosité ambiante). Certains réglages disparaissent (le mode d’image ne proposant que « Standard » ou « Dynamique », qui propose 3 nouvelles fonctionnalités si certains réglages sont changés).

On retrouve beaucoup, voir trop de réglages dans les menus, autant que sur certains téléviseurs. Par conséquent, lorsqu’on souhaite simplement ajuster l’image, on a tendance à se perdre dans les menus.

Ce Samsung M7 offre une dalle matte avec un revêtement antireflets plutôt efficace. Cela se voit sur les photos prises écran allumé : Les reflets de jour sont peu visibles et rendent la lecture de contenu multimédia plus agréable.

QUALITÉ D'IMAGE

Toutes les mesures ont été effectuées grâce à une sonde i1 DisplayPro de X-Rite appuyée par le logiciel DisplayCal.
Nous effectuons des mesures de l’écran « out of the box » avant d’étalonner l’écran et reprendre des mesures une fois l’écran calibré pour voir ce dont il est vraiment capable.

Nous avons pu relever une couverture de l’espace des couleurs sRGB de 93.7% avec un volume de 99.5% du spectre sRGB. C’est un résultat satisfaisant, quoique en deçà de la majorité des écrans que nous avons pu tester.Le spectre sRGB représentant la très grande partie du contenu disponible.
Vous pouvez observer une représentation graphique de cette couverture sur notre diagramme CIE xy ci contre.

Gamut de l'écran

Le contraste avant étalonnage est très bon, affichant un ratio de 3110:1. On est plus de 3x au dessus de la majorité des écrans IPS et TN du marché, et au dessus de pas mal d’écrans VA. Un contraste élevé donne de la profondeur aux couleurs et permet d’avoir des noirs moins gris. C’est probablement la caractéristique la plus importante pour avoir une image qui plait à l’utilisateur.
Il est à noter que le contraste est la différence (en ratio) entre la luminosité du point noir et celle du point blanc. Ici, le point noir se situe à 0.03 cd/m² en pré-étalonnage et à 0.08 cd/m² en post-étalonnage. Des valeurs très bonnes.

La luminosité du point blanc relevée dans les paramètres par défaut est de 90 cd/m². Cette valeur assez basse s’explique par le fait qu’un réglage de luminosité automatique était allumé et que nous avons fait les mesures pré-étalonnage dans un environnement volontairement très sombre.

Lors de notre étalonnage nous visons une valeur de 250 cd/m², plus élevée que la norme d’impression de 120 cd/m², néanmoins nous considérons cette valeur comme étant plus représentative d’une utilisation normale.

Pour l’étalonnage nous avons réglé l’OSD de cette manière :

Dans le menu de la clé à outils, nous sommes allés désactiver la détection de la lumière ambiante qui se trouve dans le menu Solution Éco. Nous avons égelement passé le mode éco à OFF.
Dans les paramètres d’image :

  • Mode d’image : Standard (sélectionner le mode même s’il est déjà sélectionné)
  • Mode jeu : Désactivé
  • Soins Oculaires : Désactiver l’image adaptative
  • Paramètres expert :
  • Luminosité : 49
  • Contraste : 50
  • Gamma : BT.1886 (c’est normalement le cas par défaut)
  • BT.1886 : 3
  • Balance des blancs > 2 points
  • Régl. Rouge : 23
  • Régl. Vert : 1
  • Régl. Bleu : -10

Après étalonnage, le contraste reste similaire avec 3122:1. Il monte légèrement, de par le fait que nous avons augmenté le réglage de luminosité et de contraste de l’écran.

Delta-E

Delta E pré-étalonnage
Delta E post-étalonnage

Pour les mesures du deltaE moyen nous effectuons une moyenne sur 490 couleurs différentes. Nous affichons aussi les deltaE pour les couleurs primaires et secondaires, en prenant la moyenne de deltaE d’une couleur sur 20 tons différents. La formule de DeltaE utilisée est le DeltaE 94.

Avant l’étalonnage, le DeltaE (94) moyen relevé est de 5.94, ce qui représente une déviation des couleurs notable, quoique pas forcément visible à l’oeil nu. On note une grosse déviation sur les rouges, les verts et le magenta (jusqu’à plus de 12 de DeltaE sur certains tons de couleurs). La fidélité des couleurs n’est pas très bonne, moins bonne que sur la majorité des écrans que nous avons pu tester.

L’étalonnage permet de rattraper en partie ces écarts de couleurs. Une fois étalonné, l’écran se révèle être assez fidèle. On tombe à un Delta E moyen de 0.89. Le rouge et le magenta restent toujours élevés, bien que plus bas que d’origine. Le vert a très bien été rattrapé. Toutefois pour des personnes exigeant une importante fidélité nous vous conseillerons de vous tourner sur un autre modèle.

Gamma

Gamma pré-étalonnage
Gamma post-étalonnage

Le gamma en sortie d’usine est plutôt élevé en comparaison de la valeur attendue. L’étalonnage permet de bien rattraper cet écart, en proposant une courbe épousant assez bien le gamma idéal.

Température

Température pré-étalonnage
Température post-étalonnage

La température des couleurs est également assez éloignée de l’attendu, bien plus froide, avec une moyenne de 7500K on se situe tout de même à 13% de déviation du point blanc voulu de 6500K. Surtout dans les tons sombres où les valeurs explosent.

Une fois de plus, l’étalonnage de l’écran a permis de corriger ces valeurs. La courbe ainsi obtenue est assez proche de les valeurs attendues.

UNIFORMITÉ RÉTROÉCLAIRAGE et ANGLES DE VISION

Pour mesurer l’uniformité du rétroéclairage nous divisons l’écran en une grille de 5×5 cases avant de voir via le logiciel DisplayCal et notre sonde de colorimétrie la luminosité de chaque case à différents niveaux de gris. Nous calculons ensuite la moyenne (en %) par case de déviation de la luminosité vis à vis de la case centrale pour générer l’image ci-dessous.

Uniformité du rétroéclairage

L’uniformité de la dalle n’est pas au rendez-vous. Seuls le centre et le bas de l’image proposent un rétroéclairage correct. En dehors, la déviation est importante, atteignant plus de 17% dans l’angle supérieur gauche. Mais il est difficile de reprocher cela sur une dalle aussi grande (32″). Ne vous attendez pas à un noir uniforme lorsque vous regarderez un film ou une série.

Réactivité et TEMPS DE RÉPONSE

Le temps de réponse (ou plutôt rémanence) représente le temps que les cristaux liquides mettent à passer d’une position donnée à une autre. Sachant qu’il existe 255 niveau de luminosité cela représente BEAUCOUP de temps de réponse. Pour plus de détails référez vous à notre article sur le sujet.

Nous représentons 30 transitions de gris dans nos mesures qui donneront une bonne idée de la réactivité globale de l’écran et de l’overshoot associé.
Pour ces mesures nous utilisons une sonde dédiée et son logiciel, tous deux faits maison, qui nous permettent d’arriver à une précision sous la milliseconde et de prendre automatiquement une très grande quantité de données.

Les différents paramètres d’overdrive sont utilisés pour voir leur impact sur le temps de rémanence et l’overshoot.

Standard

Tableau de temps de réponse sans le mode jeu
Tableau d'overshoot sans le mode jeu

Mode jeu

Temps de réponse avec mode Jeu
Overshoot avec mode Jeu

De base, l’écran possède un temps de rémanence correct, bien que perfectible. Mais il faut prendre en compte le fait qu’il n’est pas vendu pour ses performances en temps de rémanence. Avec une moyenne à 10ms et des valeurs à 28ms dans les transitions sombres. En pratique on ne ressent pas de ghosting.

Le mode Jeu est censé permettre la réduction de ce temps de réponse. En pratique, la différence n’est pas très visible. La moyenne reste aux alentours de 10ms, et le temps de réponse a même augmenté pour certaines valeurs. De plus, l’overdrive a légèrement augmenté lui aussi. En conclusion, nous ne pensons pas que le mode Jeu apporte un réel avantage. Nous ne vous conseillons pas de l’activer. 

Surcouche logicielle

Qui dit écran « connecté » dit surcouche logicielle. C’est d’ailleurs un des arguments mis en avant par Samsung pour cet écran. En effet, un écran connecté permet par exemple de visionner par internet, comme avec un téléviseur classique

Nous sommes ici face à la surcouche logicielle développée par Samsung, à savoir Tizen OS. Comme on commence à avoir l’habitude avec les télévisions connectées, la fluidité n’est pas au rendez-vous. Il faut plusieurs secondes pour accéder au menu, on sent une latence lorsqu’on se déplace dans les menus… Mais ça reste utilisable.

Nous avons pu tester différentes applications telles que Youtube, Netflix, Disney+… Elles fonctionnent toutes parfaitement. Les hauts-parleurs ne sont pas d’une qualité incroyable mais il est possible d’y connecter des haut-parleurs externes.
Tizen OS ne dispose pas du Play Store mais du Samsung Store. Par conséquent, on retrouve moins d’applications que sur les appareils avec Google TV. On regrette par exemple l’absence de l’application  Kodi, bien connue de ceux qui souhaitent avoir une expérience multimédia complète sur une télévision. Idem pour Molotov qui manque à l’appel. A la place, nous avons droit au service de télévision de Samsung (Samsung TV Plus) qui ne propose pas les chaines françaises. Dommage.

 

De plus, pour utiliser le Samsung Store (et un grand nombre des fonctionnalités de l’écran) il faut disposer d’un compte Samsung.

L’écran dispose de la fonctionnalité Smart Connect, permettant de synchroniser facilement l’image ou l’audio d’un appareil Samsung (téléphone, tablette). Dans l’idée, cela propose un remplacement intelligent et plus facile d’utilisation que le Chromecast : la « connexion » se faisant simplement en tapant légèrement le téléphone contre l’écran. Mais cela s’active même lorsqu’on pose le téléphone sur le bureau où il y a l’écran. Résultat : Il se déclenche beaucoup trop souvent.

UTILISATION, AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS

En utilisation bureautique l’écran est très agréable. Avoir une dalle de 32″ en 4K offre une grosse surface pour travailler, il n’y aucune gêne à mettre deux fenêtres côte à côte, voire plus. Le texte se retrouve parfois même trop petit : Il suffit de zoomer un peu pour pouvoir mieux lire. Il est important de noter que pour la productivité, la taille de l’écran ne suffit pas à caractériser la « place » disponible sur l’écran, la quantité de pixels est fondamentale et permet de définir la « vraie » surface de travail, la taille de la dalle ne va ensuite que déterminer la taille de ce qui est affiché à l’écran.

Cet écran peut être aisément utilisé en tant que moniteur principal. Il permet ainsi d’afficher toutes les informations voulues à l’écran, sur un écran avec une grande diagonale.

Capture d'écran de plusieurs fenêtres superposées

Pour ce qui est du contenu multimédia, notamment les films, la très bonne qualité d’image rend l’expérience particulièrement agréable. La grande dalle permet de couvrir une bonne partie du champ de vision en fonction de la distance à l’écran.
On préfère évidemment un 21:9 qui permet de supprimer les bandes noires. Néanmoins le gros contraste de l’écran les rend peu visibles, et lors du visionnage de contenu au format 16:9 (séries notamment) il n’y a évidemment pas de soucis à ce niveau là.

Dans les jeux la résolution 4K permet de profiter des graphismes au maximum, avec notamment certains packs de textures dédiés. Mais cela implique que la configuration arrive à suivre derrière : En efet une configuration permettant de faire tourner en 4K avec lesréglages poussés ,au maximum tout en gardant un nombre d’images par secondes élevé, n’est pas encore monnaie courante. Mais on peut aussi voir l’achat de cet écran comme un « investissement » dans le futur.

Pour des jeux plus réactifs, compétitifs, les temps de rémanences peuvent vite devenir dérangeants et on a presque l’impression que l’image devient brouillonne dans certains jeux très nerveux comme Overwatch par exemple. Nous déconseillons cet écran pour ce type d’usage.

HDR

Ce Samsung M7 dispose de la certification HDR 10. Que cela signifie-t-il ? Et la différence est-elle vraiment là ?

L’activation de l’HDR se fait à travers le menu. La différence est imperceptible à l’oeil. En effet, l’HDR 10 n’est pas une norme en soi, dans le sens où l’écran n’est pas « certifié » d’une quelconque manière pour un support d’une plus grande plage de couleurs, ou avec une certaine luminosité. Le seul élément garanti est que l’écran accepte un signal HDMI HDR. Il n’y a aucune garantie que l’HDR sera rendu à l’écran. C’est pourquoi on ne constate pas de différence, ou que la différence est imperceptible à l’oeil nu.

Si vous avez plus de questions concernant les différentes normes HDR,  nous vous conseillons ce très bon article de chez TFT Central (en anglais) qui vous expliquera en détail les différentes normes  existantes et leurs spécificités.

CONCLUSION

Le Samsung Smart Monitor M7 32″ est un écran avec des caractéristiques et une vision particulière. Dépourvu de DisplayPort, mais avec un port USB-C, il conviendra à des utilisations particulières, telles que de la bureautique, ou du divertissement en mode connecté, dans une cuisine par exemple. La qualité d’image n’est pas au rendez-vous, le rétroéclairage n’est pas très uniforme, même si elle reste convenable pour du visionnage de contenu. Cet écran, disponible à un prix abordable pour du 4K en 32″, est un bon écran entrée de gamme que nous vous recommandons s’il répond à votre besoin d’écran connecté et/ou de moniteur d’ordinateur.